Association des Parents du Collège Saint-Barthélemy à Liège


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Résumé de la conférence "Le bien-être de nos enfants des pied à la tête"

vendredi 1er juin 2012

Ginette Marchant,

Médecin spécialisée en santé publique, elle a travaillé avec des sportifs de haut niveau.

Elle rappelle l’importance de la pratique du sport pour favoriser les performances mentales et physiques.

Il y a en Belgique un taux important de personnes qui vont mal et qui restent en incapacité de travail durant un an ou plus.

Pour contrer ce mal-être, il est important d’apprendre aux jeunes à gérer leurs émotions dès le plus jeune âge.

La vie en virtuel est un des problèmes de notre société. Les enfants doivent s’ancrer dans la vie réelle notamment par la pratique du sport. Or la sédentarité et l’obésité des enfants se sont fortement développées. En tant que parents, il est bon d’inciter ses enfants à marcher, à prendre les transports en commun pour se rendre à l’école ou à une activité.

Le sport à tout âge permet une bonne musculature et un mieux au niveau cérébral (meilleures connexions nerveuses, meilleure sudation). On recommande pour les adultes une activité physique 2 fois par semaine.

Patrick Laurent,

Spécialiste en thérapie familiale

Histoire chinoise : je ne sais pas, on verra

Chez les 12-17 ans, en 2004, 37 % des loisirs étaient consacrés aux écrans (TV, ordi, console, etc.), ce qui est énorme. Autre donnée : un ado américain envoie environ 600 sms par jour. Des expériences menées avec des jeunes ont montré leur dépendance à leur GSM ou Smartphone qui devient comme une extension d’eux-mêmes (la greffe d’une puce dans la main a déjà été évoquée). Beaucoup sont incapables de rester plus de 15 minutes sans consulter leur écran.

Les jeunes sont invités à être en décalage avec les émotions qu’ils vivent. Ils sont dans un temps accéléré. Dans notre société, il y a un problème de gestion et notamment de gestion émotionnelle.

Les émotions de base sont à considérer comme des alliées dans la communication pour percevoir la réalité, quelque chose d’agréable ou de désagréable pour l’individu, nos émotions ne nous trahissent jamais. Il y a l’anxiété, la dépression, le repli sur soi. La réalité existe, elle est objective et commune à tous. Toutes nos émotions sont pertinentes.

Or de plus en plus, nous avons tendance à être dans des situations d’évitement émotionnel (et pour y échapper, on prend des anxiolytiques). Des enfants de plus en plus jeunes vivent des situations de grande anxiété. Pourquoi ?

Parce qu’au-delà du stress, beaucoup d’enfants n’arrivent pas à évaluer s’ils sont prêts ou pas étant donné qu’ils n’ont pas de repères qui leur sont propres.
Voir Henri Laborit, Eloge de la fuite .

Beaucoup de jeunes sont dépassés par la vitesse à laquelle ils doivent réagir, la masse d’informations à emmagasiner, l’anxiété de leurs parents, l’incapacité à se projeter dans le futur. Ils ont aussi de plus en plus de mal à nommer leurs émotions. Cela devient « je suis bien ou mal » mais ils ne savent pas exprimer ce qu’ils vivent. On peut les aider à reconnaitre certains signes pour identifier leurs émotions.

Exemple : l’anxiété est associée à une boule entre le thorax et le ventre. Il faut alors travailler sur la respiration.

Beaucoup de stress chez les jeunes est dû à un surplus d’informations (ex : 5000 amis sur Facebook), on se doit d’être tout le temps présent pour les autres mais présent pour quoi ? Il y a une extension du monde de l’ado qui a vite des amis qui viennent du monde entier, un monde qui ne dort jamais. L’ado doit toujours être en veille et connecté 24h/24h. Une des fonctions des parents est de mettre un cadre et de réinscrire l’enfant dans un temps gérable.
Le burnout mais aussi le divorce de nombreux parents vient de là : effacement des frontières, monde multifaisceaux.

Une émotion en plein développement est la colère, « le pétage de plomb ». Derrière la colère ou la violence de nombreux jeunes, se cachent en fait de la peur et de la tristesse. La tristesse, c’est quoi ? Lorsque l’on dit « j’ai du chagrin », c’est la perte de quelque chose que l’on ne sait pas toujours identifier. Il faut aider l’enfant à faire son deuil, le consoler, le réconforter alors que les parents invitent à remplacer de suite la perte d’un petit copain, d’un objet. Aujourd’hui, une femme met seulement un an à refaire sa vie après une séparation et un homme 3 mois.

Le fait d’interdire une émotion, empêche de faire son deuil.
Il y a une pression des parents sur les émotions des enfants, un chantage affectif : « je suis très déçu de toi », « je suis très déçu de ton comportement », « comment veux-tu que je sois bien avec toi ». Il faut toujours différencier l’enfant de son comportement, ce qui déçoit c’est la valeur transgressée et non la personne. C’est beaucoup plus facile de changer de comportement que d’identité.

Beaucoup de jeunes ne savent plus ce que prendre un repas ensemble représente : partager un moment convivial ensemble.

Les ados utilisent les smileys sans savoir quelles émotions ils représentent. Etre un parent éduquant c’est aussi être en conflit avec ses enfants. L’enfant grandissant, les conflits grandissent aussi. Un conflit n’est pas quelque chose de toxique mais permet l’échange. Des jeunes ont des troubles psychosomatiques parce qu’il n’y a plus aucun conflit à la maison.

La responsabilité des parents varie selon l’âge des enfants.

Pour les enfants de parents séparés ou de familles recomposées, c’est encore plus complexe.

Beaucoup de jeunes souffrent également d’ennui : on a atteint quelque chose et il faut du nouveau. Beaucoup de jeunes saturent très vite lors d’une activité. Ils ont besoin de passer à autre chose. C’est les enfants du zapping.
On rencontre aussi plus d’indécision et de confusion chez les jeunes. Il y a un manque de clarté dans leur perception des choses.

Il y a aussi de la frustration. On est dans la culture du désir, du besoin jamais satisfait.


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